mercredi 30 octobre 2013

Il termine le dernier niveau de « Candy Crush » et réalise que sa femme est partie depuis 3 mois avec ses enfants



Aveuglé par son addiction, il n'a rien vu venir. Nos confrères de Nice Matin rapportent cette incroyable et tragique histoire d'un employé de mairie qui ne s'est pas rendu compte que sa femme et ses deux enfants avaient quitté le domicile familial, tant son obsession pour un jeu monopolisait tout son temps et son esprit. Récit.

Il y a 6 mois à peine, Olivier Martinez était encore le père modèle et le mari aimant que beaucoup de femmes rêveraient d'épouser. Devoirs avec les enfants, ménage, rangement, bricolage, sorties resto avec sa femme Florence : Olivier est toujours disponible, toujours prêt à rendre service, toujours présent. Jusqu'à cette « maudite pause café » qui fera tout basculer, où une collègue de la mairie lui parle du "petit jeu" auquel elle s'adonne en ce moment : Candy Crush Saga.
« Il ne voulait pas me rendre mon téléphone »

Immédiatement, le Chargé de Communication de 41 ans se passionne pour le casse-brique coloré « Il ne voulait pas me rendre mon téléphone » se souvient sa collègue avec tristesse « Il m'a dit "je te le ramène à ton bureau dans 5 minutes" mais une heure plus tard, il était toujours à la machine à café en train de jouer ». Au cours de la semaine suivante, Olivier Martinez fait l'achat d'un smartphone et installe la fameuse application. Sur les conseils de sa collègue, il se crée également un compte sur Facebook afin de "gagner des vies" plus rapidement.
« Dans son assiette, il alignait ses légumes par couleur »

Très vite, Olivier sombre dans l'addiction la plus totale. Obsédé par "son jeu", il adopte des comportements étranges qui inquiètent ses proches : « A la cantine il s'est mis à aligner ses légumes par couleurs, il ne mangeait ses carottes ou petits pois que par 3 ou 4. Franchement au début on trouvait ça marrant mais à force, moi je me suis dit qu'il était taré » confiait Pauline, la stagiaire d'Olivier. « Une fois en réunion, il s'est assis à côté de deux personnes qui portaient un haut bleu comme lui, et là, devant le maire et tout il a dit "Bam ! On disparaît tous les trois !" et il a rigolé, mais c'était bien le seul » se rappelle un autre collègue affligé.

Interviewée par Nice Matin, Florence Martinez relate la terrible descente aux enfers qu'elle et ses enfants ont vécue pendant cet été 2013 : « Il ne nous voyait plus, on ne comptait plus pour lui. Quand on s'engueulait il disait que ce serait bientôt fini, qu'il fallait juste lui foutre la paix pendant encore quelques heures, mais ça ne finissait jamais. Il s'énervait pour un rien chaque fois qu'on le dérangeait. Moi j'ai fini par m'installer avec les enfants dans la chambre d'amis. J'ai essayé de le sortir de là, mais au bout d'un moment c'était trop dur de le regarder sombrer. Je suis partie m'installer chez une amie avec les enfants ».
« Papa il aime trop les bonbons et ça fait pleurer maman »

Et puis fin octobre, le miracle se produit : Après une semaine d'acharnement Olivier parvient à terminer le niveau 450 de Candy Crush Saga, le tout dernier niveau. Soudainement libéré, il ouvre enfin les yeux : un appartement à l'abandon où règne une odeur fétide, une procédure disciplinaire de son employeur à son encontre, des dizaines de lettres implorantes de sa femme, des "post-it" et des dessins bouleversants de ses enfants, un répondeur plein à craquer de messages inquiets de ses proches.

« J'ai commis des erreurs. Je me suis laissé submerger. J'ai abandonné ma femme, mes enfants, mes proches. Tout ça pour aligner des bonbons » a déclaré Olivier Martinez lors d'une solennelle conférence de presse, pour reprendre après un long silence « Mais je tiens à tous vous rassurer : j'ai compris, j'ai retenu ma leçon. Vous savez, quand on a failli perdre une femme comme Florence, on comprend ce qui est vraiment important dans la vie, quelles sont les priorités. Et pour moi, tout ce qui compte, ce sont ma femme et mes enfants ».
Aux dernières nouvelles, le Niçois aurait pris plusieurs semaines de congés, pour retrouver sa famille, reconstruire un foyer fragilisé et se détendre en jouant à World of Warcraft, un "petit jeu sympa" qu'un collègue lui a récemment fait découvrir.


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